Sans pardon, pas d’union avec le christ (Partie 6)

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Le vrai sens spirituel du sacrement se perd s’il ne consiste qu’à faire usage de pain et de vin. Les disciples avaient mangé, cependant Jésus prit du pain et leur donna. (Mt 26. 26) Pris au sens littéral, cela eut été absurde ; mais dans sa signification spirituelle, c’était naturel et beau. Jésus a ce moment, se retira des sens matériels pour raffermir leur cœur par des perspectives plus lumineuses, des perspectives spirituelles.

La Pâques, que Jésus mangea avec ses disciples au mois de Nisan en cette nuit qui précéda son crucifiement, fut l’occasion d’une réunion lugubre, un souper triste pris au déclin du jour, au crépuscule d’une glorieuse carrière, pendant que descendaient rapidement sur lui les ombres de la nuit ; et ce souper mit pour toujours fin au ritualisme de Jésus, à ses concessions à la matière.

Ses disciples, tristes et silencieux, prévoyant l’heure où leur Maître serait trahi, participèrent à la manne céleste, que jadis avaient nourrie dans le désert les disciples persécutés de la vérité. Leur pain venait en réalité du ciel. C’était la grande vérité de l’être spirituel, guérissant les malades et chassant l’erreur.

Pour cette vérité de l’être spirituel, leur Maître avait enduré la violence, jusqu’à la lie de sa coupe de douleurs. Il lui fallait les quitter. Alors que la gloire sublime d’une victoire éternelle le couvrait de son ombre, il rendit grâce et dit : « Buvez-en tous. » (Mt 26. 27)

Lorsque l’élément humain luttait en lui avec le divin, notre grand Maître dit : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. » (Lc 22. 42) C’est-à-dire : Que l’Esprit, et non la chair, soit représenté en moi. Telle est la nouvelle compréhension de l’amour spirituel.

Elle donne tout pour le Christ, la vérité. Elle bénit ses ennemis, guérit les malades, chasse la faute, ressuscite les morts de leurs offenses et de leurs péchés, prêche l’évangile aux pauvres, aux humbles de cœur.

Buvons-nous vraiment sa coupe ?

Avons-nous pris part au sang de la Nouvelle Alliance, aux persécutions qui accompagnent une compréhension nouvelle et plus élevée de Dieu ? Si Il n’est pas ainsi, pouvez-vous dire alors que vous avez commémoré Jésus en partageant sa coupe ?

Tous ceux qui mangent le pain et boivent le vin en souvenir de Jésus, sont-ils vraiment disposés à boire sa coupe, à se charger de sa croix et à tout abandonner pour le principe divin ?

Alors, pourquoi attribuer cette inspiration à un rite mort, au lieu de prouver, en chassant la faute et en rendant le corps saint, agréable à Dieu, que la vérité a été comprise ? Si le Christ, la vérité, est venu à nous dans la démonstration, nulle autre commémoration n’est nécessaire, car la démonstration est Emmanuel, ou Dieu avec nous ; et si un ami est avec nous, pourquoi aurions-nous besoin de souvenirs de cet ami ?

Si tous ceux qui n’ont jamais pris part au sacrement avaient réellement commémoré les souffrances de Jésus et bu de sa coupe, ils auraient transformé le monde. Si tous ceux qui cherchent à le commémorer par des symboles matériels veulent se charger de la croix, guérir les malades, chasser les maux, et prêcher le Christ, ou la vérité, aux pauvres ils amèneront l’illumination (L’Élévation de la conscience).

En raison de tout ce que les disciples avaient appris par expérience, ils devinrent plus spirituels et comprirent mieux ce que le Maître avait enseigné. Sa résurrection fut aussi leur résurrection. Elle les aida à s’élever et à élever les autres hors de la léthargie spirituelle et de la croyance aveugle en Dieu jusqu’à la perception des possibilités infinies.

Ils avaient besoin d’être ainsi vivifiés, car bientôt leur Maître bien-aimé allait s’élever de nouveau dans le royaume spirituel de la réalité, bien au-delà de leur perception. En récompense de sa fidélité, il allait, pour le sens matériel, disparaître dans cette transformation que depuis on a appelée l’ascension.

Quel contraste entre le dernier souper de notre Seigneur et son dernier déjeuner spirituel avec ses disciples, pendant les heures lumineuses du matin, lors de la joyeuse réunion sur les bords de la mer de Galilée ! Sa tristesse avait été transformée en gloire, et la douleur de ses disciples en repentance, leurs cœurs avaient été châtiés et leur orgueil réprouvé.

Convaincus de la stérilité de leur labeur dans les ténèbres et réveillés par la voix de leur Maître, ils changèrent de méthode, se détournèrent des choses matérielles, et jetèrent leur filet du bon côté. Discernant de nouveau le Christ, la vérité, sur la rive du temps, ils purent s’élever quelque peu au-dessus du sensualisme mortel, ou l’ensevelissement de la création dans la matière, jusqu’au renouvèlement de la vie en tant qu’Esprit.

Cette rencontre spirituelle avec notre Seigneur à l’aube d’une lumière nouvelle est le repas du matin que commémore cela. Ils s’inclinent devant le Christ, la vérité, pour que sa réapparition les enrichisse davantage et pour communier silencieusement avec le principe divin, l’amour.

Ils célèbrent la victoire de leur Seigneur sur la mort, son temps d’épreuve dans la chair après la mort, l’exemple que ce dernier constitue pour le temps d’épreuve humain, et l’ascension spirituelle et définitive de Jésus au-dessus de la matière, ou la chair, lorsqu’il disparut à la vue matérielle.

Notre baptême est une purification de toute erreur. Notre croyance est bâtie sur le principe divin, l’amour. Nous ne pouvons nous unir à cette croyance que dans la mesure où nous sommes nés à nouveau de l’Esprit, où nous atteignons à la vie, en produisant les fruits de l’amour en chassant la faute.

Notre Eucharistie est la communion spirituelle avec l’unique Dieu. Notre pain, « qui descend du ciel », est la vérité. Notre coupe est la croix. Notre vin est l’inspiration de l’amour, le breuvage que but notre Maître et qu’il engagea ses disciples à boire.

Le dessein de l’amour est de réformer le pécheur. Si la punition du pécheur ici-bas a été insuffisante pour le réformer, le ciel de l’homme de bien serait un enfer pour le pécheur. Ceux qui ne connaissent pas la pureté et l’affection par expérience ne trouveront jamais la félicité dans la présence bénite de la vérité et de l’amour, simplement en passant dans une autre sphère.

Les Écrits révèlent la nécessité d’avoir suffisamment souffert, soit avant, soit après la mort, pour éteindre l’amour du péché. Remettre la peine encourue par, le péché, ce serait, pour la vérité, pardonner la faute. Échapper à la punition n’est pas conforme au gouvernement de Dieu, puisque la justice est la servante de la miséricorde.

Jésus endura le déshonneur afin de répandre dans des vies stériles ses trésors chèrement achetés. Quelle fut sa récompense terrestre ? Il fut abandonné de tous sauf de Jean, le disciple bien-aimé, et de quelques « FEMMES » courbées sous le poids d’une douleur muette à l’ombre de sa croix.

Le prix terrestre de la spiritualité dans un âge matériel et la grande distance morale qui sépare le christianisme du sensualisme empêchent la communauté du Christ d’être appréciée de ceux qui s’attachent aux choses de ce monde.

À suivre…

 

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