La liberté d’esprit de Saint-François

0
389

François d’Assise n’a jamais cherché à créer un ordre religieux. Laïc, il se méfiait des clercs. Son premier voyage au Vatican s’avère houleux, tant il exècre la richesse et le pouvoir étalés. Et toute sa vie ne fut qu’une bagarre incessante contre l’Église en tant qu’institution. Il refuse dans son ordre naissant la hiérarchie, notamment celle des prêtres, et, dans la règle, ne demande l’obéissance que si l’ordre « n’est contraire à votre âme ». François d’Assise s’oppose aussi à la société et au milieu religieux de son époque en ouvrant l’ordre aux femmes. Sous la houlette de sainte Claire, il confie à ces dernières des responsabilités égales à celles des hommes.

Dans une piété dévorée par la culpabilité, l’excès de discipline et la pénitence, François d’Assise apporte la légèreté : « Heureux le religieux qui prend plaisir et joie dans tout et qui s’en sert pour porter les hommes à l’amour de Dieu. » Le mot d’ordre des Franciscains est : « La pauvreté dans la joie. » La source de la joie est d’ordre divin, c’est une expérience transcendante, un signe de grâce. François d’Assise, homme de son temps et de sa culture, transpose dans son ordre les vertus chevaleresques : le religieux se doit d’être un chevalier de Dieu, doublé d’un troubadour ou d’un jongleur. Chez les premiers franciscains, on chante et on joue beaucoup, Saint-François le premier.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here