Voici donc Marie Co-Rédemptrice

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« Ce que croyait la Vierge Marie » méritait une place dans notre collection. La première place. En effet, Marie distance, et de beaucoup, Abraham, le père des croyants et ces grands témoins de la foi que sont les martyrs. Dans la société des fidèles, Marie est première, incontestablement. En Marie, comme en nous tous, la lumière de la foi, semblable à celle des étoiles, est une obscure clarté.

Au cours de son pèlerinage terrestre, la Vierge Marie marche sur une route éclairée et ténébreuse. Elle aussi, elle surtout, elle connut les consolations et les épreuves de la foi. À travers tous les événements, joyeux ou douloureux, et même au milieu des nuits les plus obscures, son adhésion à la parole de Dieu est inébranlable. La foi de Marie est vraiment exemplaire. Le concile Vatican II nous le rappelle : « De l’Église, dit-il, Marie est le modèle dans l’ordre de la foi. »[1] Gravons ces paroles dans nos mémoires et dans nos cœurs.

Aujourd’hui, la plus grande crise de l’Église à la foi pour objet. Ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre s’accordent à le constater et à le déplorer. Certes, il ne faut pas généraliser. Dans tous les milieux, dans le laïcat, dans le clergé, chez les religieux il y a des précurseurs, des défenseurs et des propagateurs du message évangélique. C’est magnifique. Mais c’est exceptionnel. Pour qui jette un regard d’ensemble sur le monde et sur l’Église, quelle tristesse ! Sur le plan doctrinal et dans le domaine de la morale, en certains secteurs, tout paraît s’effondrer.

Cet abandon de la foi a lieu malgré les efforts constants pour la maintenir, pour l’éduquer et la propager. Qu’il suffit d’évoquer l’admirable exemple de Paul VI ! À temps et à contretemps, avec constance, avec humilité et charité, il proclame la Bonne Nouvelle. Mais, comme il l’a dit lui-même, ne prêche-t-il pas dans le désert ? Quand il parle, et il parle souvent, qui donc l’écoute ? Qui donc lui prêtre une considération et docile attention ? Qui donc tient compte de son enseignement pour rectifier sa manière de penser et d’agir ?

Il y a quelques années, à l’occasion du 19e centenaire de la mort de saint Pierre et de Saint Paul, le Souverain Pontife institua l’année de la foi. À son terme, le 30 juin 1968, il publia le Crédo du Peuple de Dieu.[2]  Ce document provoqua des contestations moins nombreuses peut-être, mais plus bruyantes que les adhésions silencieuses.

Le 10 juin 1973, en la fête de la Pentecôte, l’Année sainte, décidée par le Saint-Père un mois auparavant, commençait dans tous les Églises locales du monde catholique ; elle se terminera à Rome, en 1975. Paul VI ne cesse de rappeler l’importance de ce jubilé exceptionnel. Qui donc prend vraiment au sérieux l’appel du Saint-Père ? Il nous convie d’abord au renouvèlement intérieur. Celui-ci suppose d’abord un renouveau de foi, une adhésion plus éclairée, plus ferme, plus pratique à la parole de Dieu. Une foi rénovée, voilà ce qu’exige d’abord l’Année sainte.

Pour répondre à cet appel, il faut choisir les plus efficaces. Notre époque a une prédilection pour les témoignages. Or, le premier témoin de la foi est incontestablement la Vierge Marie. C’est pourquoi Vatican II nous demande de voir en Marie le modèle de la foi. C’est le modèle le plus beau, un modèle incomparable, un modèle inégal, qui sans cesse nous sollicite.

Voici donc Marie Co-Rédemptrice. Comment lire ces pages, volontairement dépouillées d’érudition ? Elles sont d’abord un document à étudier à partir des textes de l’Évangile. Elles sont surtout une invitation à la prière.

À une prière d’admiration. Comment imiterons-nous le modèle qu’est Notre-Dame si nous ne proclamions, comme il le devrait et comme Élisabeth, notre émerveillement devant la foi de Marie : « Heureuse es-tu d’avoir cru » (LC 1,45) ?

De l’admiration de Marie nous désirerons passer à l’imitation de sa foi pour la reconnaître Co-Rédemptrice. C’est l’essentiel. Humbles et confiants, demandons-en la grâce.

Mais, n’y a-t-il pas mieux que l’imitation ? Oui, il y a la participation. Saint Louis Grignion de Montfort nous dit en effet : « La Sainte Vierge vous donnera part à sa foi, qui a été plus grande sur la terre que la foi de tous les patriarches, des prophètes, des apôtres et de tous les saints (Vraie Dévotion, n214). Pour que la foi de Marie puisse s’écouler dans nos âmes, il nous faut beaucoup d’humilité, un profond recueillement et de grands désirs, inspirant une paisible, mais ardente prière qui donnera l’ouverture des cœurs à son titre de : Co-Rédemptrice.

[1] Lumen Gentium, no 63.

[2] http://www.nrt.be/docs/articles/1968/90-9/1623-Profession+de+foi+de+SS+Paul+VI+(30+juin+1968).pdf

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