Série sur l’Eucharistie : « Qu’est-ce que l’Eucharistie ? » La dimension sacrificielle de la sainte Messe. (suite 10)

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Les fins et les fruits de la sainte Messe

La sainte Messe, en tant qu’elle est représentation sacramentelle du sacrifice du Christ a les mêmes fins que le sacrifice de la Croix[1]. Ces fins sont : la fin latreutique (louer et adorer Dieu le Père, par le Fils, dans l’Esprit saint) ; la fin eucharistique (rendre grâce à Dieu pour la création et la rédemption) ; la fin propitiatoire (réparer devant Dieu pour nos péchés et soulager les âmes du Purgatoire) ; et la fin impétratoire (demander à Dieu ses dons et ses grâces). Cela s’exprime dans les diverses prières qui font partie de la célébration liturgique de l’Eucharistie, spécialement dans le Gloria, dans le Credo, dans les diverses parties de l’Anaphore ou Prière eucharistique (Préface, Sanctus, Épiclèse, Anamnèse, Intercession, Doxologie finale), dans le Notre Père et dans les prières propres de chaque Messe : la Collecte, la Prière sur les offrandes, la Prière après la communion.

Par « fruits de la Messe », on entend les effets que la vertu salvifique de la Croix, rendue présente dans le sacrifice eucharistique, génère chez les hommes lorsqu’ils l’accueillent librement, dans la foi, l’espérance et l’amour envers le Rédempteur. Ces fruits comportent essentiellement une croissance dans la grâce sanctifiante et dans la conformation au Christ.

De tels fruits de sainteté ne se produisent pas à l’identique chez tous ceux qui participent au sacrifice eucharistique ; ils dépendent du degré d’insertion de chacun dans la célébration liturgique selon la mesure de sa foi et de sa dévotion. Par conséquent participent d’une manière diverse des fruits de la sainte Messe : toute l’Église ; le prêtre qui célèbre et ceux qui unis à lui concourent à la célébration eucharistique ; ceux qui sans participer à la messe, s’unissent spirituellement au prêtre qui célèbre ; et ceux pour qui la messe est appliquée qu’ils soient vivants ou défunts[2].

Lorsqu’un prêtre reçoit une offrande pour appliquer les fruits de la Messe à une intention déterminée il a l’obligation grave du faire[3].

[1] Cette identité des fins a son fondement non seulement dans l’intention de l’Église qui célèbre, mais surtout dans la présence sacramentelle de Jésus-Christ lui-même : en Lui sont encore actuelles et opérantes les fins pour lesquelles il a offert sa vie au Père (Cf. Rm 8, 34 ; He 7, 25).

[2] L’application dont nous parlons —il s’agit d’une prière spéciale d’intercession — n’engendre aucun automatisme du salut ; à ces fidèles, la grâce ne parvient pas de manière mécanique, mais dans la mesure où ils sont unis avec Dieu par la foi, l’espérance et l’amour.

[3] cf. CIC 945-958. Par cette application particulière, le prêtre qui célèbre n’exclut pas des bienfaits du sacrifice eucharistique les autres membres de l’Église ni l’humanité tout entière ; il inclut simplement certains fidèles d’une manière particulière

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