Série sur l’Eucharistie : « Qu’est-ce que l’Eucharistie ? » La dimension sacrificielle de la sainte Messe. (suite 7)

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L’Eucharistie sacrifice du Christ et de l’Église

La sainte Messe est le sacrifice du Christ et de l’Église, car chaque fois qu’est célébré le Mystère eucharistique, l’Église participe au sacrifice de son Seigneur, entrant en communion avec lui — par son offrande sacrificielle au Père — et avec les biens de la rédemption qu’il nous a obtenue. Toute l’Église offre et est offerte dans le Christ au Père par l’Esprit saint. Ainsi l’affirme la tradition vivante de l’Église, tant dans les textes de la liturgie que dans les enseignements des Pères de l’Église et du Magistère[1]. Le fondement de cette doctrine se trouve dans le principe d’union et de coopération entre le Christ et les membres de son Corps clairement exposé par le concile Vatican II : « Pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Église, son épouse bien-aimée » [2].

L’Église offre avec le Christ.

La participation de l’Église — le peuple de Dieu, hiérarchiquement structuré — à l’offrande du sacrifice eucharistique est légitimée par le commandement de Jésus : « faites ceci en mémoire de moi [comme un mémorial] », et elle se reflète dans la formulation liturgique fréquemment utilisée dans les Prières eucharistiques de l’Église primitive[3], et également présente dans les Prières eucharistiques actuelles[4].

Comme l’attestent les textes de la liturgie eucharistique, les fidèles ne sont pas les simples spectateurs d’un acte de culte réalisé par le prêtre célébrant ; tous peuvent et doivent participer à l’offrande du sacrifice eucharistique, parce qu’en vertu du baptême ils ont été incorporés au Christ et ils font partie de la « race choisie, du sacerdoce royal, de la nation sainte, du peuple que Dieu s’est acquis » (1 P 2,9) ; c’est-à-dire, du nouveau Peuple de Dieu dans le Christ, que lui-même continue de rassembler autour de lui, pour que d’un confins à l’autre de la terre soit offerte en son nom un sacrifice parfait (cf. Mal 1,10-11). Les fidèles offrent non seulement le culte spirituel du sacrifice de leurs propres œuvres et de toute leur existence, mais aussi — dans le Christ et avec le Christ — la Victime pure, sainte et immaculée. Tout cela est inscrit dans l’exercice du sacerdoce commun des fidèles dans l’Eucharistie.

Entre l’offrande de l’Église et celle du Christ il n’y a pas simple juxtaposition, mais identification. Les fidèles n’offrent pas un sacrifice différent de celui du Christ, car en s’unissant à Lui ils rendent possible l’incorporation de l’oblation que fait l’Église à la sienne, de sorte que l’offrande de l’Église devienne l’offrande du Christ lui-même. Et c’est lui, Jésus-Christ, qui offre le sacrifice spirituel des fidèles qu’il incorpore au sien propre. La relation entre ces deux aspects n’a pas les caractères d’une juxtaposition ni d’une succession, mais elle est la présence de l’un dans l’autre.

 

[1] cf. Catéchisme 1368-1370

[2] Concile Vatican II, Const. Sacrosanctum Concilium, 7

[3] cf. Prière eucharistique de la Tradition apostolique de saint Hyppolyte, Anaphore de Addai et Mari ; Anaphore de saint Marc.

[4] cf. Missel Romain, Prière eucharistique I (Unde et memores et Supra quæ) ; Prière eucharistique III (Memores igitur ; Respice, quæsumus et Ipse nos tibi) ; des expressions semblables se trouvent dans les Prières II et IV.

 

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