Série sur l’Eucharistie : « Qu’est-ce que l’Eucharistie ? » (suite 5)

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La célébration liturgique de l’Eucharistie

L’Église, obéissant au commandement du Seigneur, célébra tout de suite l’Eucharistie à Jérusalem (cf. Ac 2, 42-48), à Troas (cf. Ac 20, 7-11), à Corinthe (cf. 1 Co 10, 14,21 ; 1, Co 11, 20-34), et dans tous les lieux où parvenait le christianisme. « C’était surtout “le premier jour de la semaine”, c’est-à-dire le jour du dimanche, le jour de la résurrection de Jésus, que les chrétiens se réunissaient “pour rompre le pain” (Ac 20, 7). Depuis ces temps-là jusqu’à nos jours, la célébration de l’Eucharistie s’est perpétuée, de sorte qu’aujourd’hui nous la rencontrons partout dans l’Église, avec la même structure fondamentale. Elle demeure le centre de la vie de l’Église » (Catéchisme, 1343).

La structure fondamentale de la célébration

Fidèle au commandement de Jésus, l’Église, guidée par l’« Esprit de vérité » (Jn 16, 13) qui est l’Esprit saint, lorsqu’elle célèbre l’Eucharistie, ne fait rien d’autre que se conformer au rite eucharistique réalisé par le Seigneur dans la Dernière Cène. Les éléments essentiels des célébrations eucharistiques successives ne peuvent être autres que ceux de l’Eucharistie originaire, c’est-à-dire : l’assemblée des disciples du Christ convoquée par Lui et réunie autour de Lui ; et la réalisation du nouveau rite mémoriel.

a) L’assemblée eucharistique

Depuis les commencements de la vie de l’Église, l’assemblée chrétienne qui célèbre l’Eucharistie se trouve hiérarchiquement structurée : habituellement, elle est constituée par l’évêque ou par un prêtre (qui agit in persona Christi Capitis Ecclesiae), par le diacre, par d’autres ministres et par les fidèles, unis par le lien de la foi et du baptême. Tous les membres de cette assemblée sont appelés à participer « consciemment, dévotement et activement » à la liturgie eucharistique, chacun selon son mode propre : le prêtre célébrant, le diacre, les lecteurs, ceux qui présentent les offrandes, le ministre de la communion et le peuple entier, dont l’« Amen » manifeste la réelle participation (cf. Catéchisme, 1348).

Par conséquent, chacun devra accomplir son ministère propre, sans créer de confusion entre le sacerdoce ministériel, le sacerdoce commun des fidèles et le ministère du diacre et d’autres ministres possibles. Le rôle du sacerdoce ministériel dans la célébration de l’Eucharistie est essentiel. Seul le prêtre validement ordonné peut consacrer la très Sainte Eucharistie, en prononçant in persona Christi (c’est-à-dire dans l’identification spécifique sacramentelle avec le Prêtre Suprême et Éternel Jésus-Christ) les paroles de la consécration (cf. Catéchisme, 1369). D’autre part, aucune communauté chrétienne n’a le pouvoir de se donner par elle-même le ministère ordonné. « Celui-ci est un don qu’elle reçoit à travers la succession épiscopale qui remonte jusqu’aux Apôtres. C’est l’Évêque qui, par le sacrement de l’ordre, constitue un nouveau prêtre, lui conférant le pouvoir de consacrer l’Eucharistie » [1].

b) Le déroulement de la célébration

Le déroulement du rite mémorial se fait depuis les origines de l’Église en deux grands moments, qui forment un seul acte liturgique : la « Liturgie de la Parole » (qui comprend la proclamation et l’écoute de la Parole de Dieu), et la « Liturgie eucharistique » qui comprend la présentation du pain et du vin, l’anaphore ou prière eucharistique — avec les paroles de la consécration — et la communion. Ces deux parties principales sont entourées des rites d’introduction et de conclusion [cf. Catéchisme, 1349-1355]. Personne ne peut rien enlever ou ajouter, à sa guise, à ce qui a été établi par l’Église dans la liturgie de la sainte Messe[2].

 

[1] Jean-Paul II, Enc. Ecclesia de Eucharistia, 29

[2] Cf. Concile Vatican II, Const. Sacrosanctum Concilium, 22 ; Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, Instruction Redemptionis Sacramentum, 14-18.

 

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