L’importance de chaque personne.

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La charité acquiert son sens plénier lorsque nous nous mettons au service des autres ; lorsque nous acceptons que la vocation de chrétien consiste à devenir un don pour les autres, si bien qu’un grand nombre puissent rencontrer le Christ.

C’est l’exemple que Jésus lui-même nous a laissé et dont les témoins de son passage sur cette terre nous parlent : il se réjouit de la joie de ses amis et il souffre devant leur douleur. Il a toujours consacré du temps aux autres : il a surmonté sa fatigue pour parler à la Samaritaine ; il s’est attardé avec l’hémorroïsse, alors qu’il était attendu chez Jaïre ; et, dans les souffrances de la Croix, il a engagé avec le bon larron un dialogue qui va lui ouvrir les portes du ciel. En outre, son affection fut une affection concrète : nous le voyons se préoccuper que ceux qui l’entourent aient de quoi manger et faire le nécessaire pour répondre à ce besoin matériel ; il veille à ce que ses disciples prennent un peu de repos et les conduit à un endroit solitaire, à l’écart, pour qu’ils puissent jouir de sa compagnie. Les exemples pourraient se multiplier, mais, au fond, tous nous révèlent la valeur que Dieu attache à chaque personne.

En effet, l’amitié se manifeste en ceci : faire passer les autres en premier, leur consacrer du temps, c’est-à-dire, les fréquenter personnellement. Telle est la clé que notre Père nous a donnée pour montrer le Christ et c’est ce que Jésus nous a enseigné par sa vie : il a toujours consacré à chacun le temps opportun, il a su s’attarder avec tout le monde. La charité trouve son vrai sens lorsque la vie de l’autre devient la priorité de ma vie. Les personnes qui s’approchent d’un chrétien véritable doivent découvrir l’amour personnel de Dieu, en remarquant comment elles sont accueillies, appréciées, écoutées, comment leurs vertus sont prises en compte et comment elles sont invitées à participer à cette aventure surnaturelle.

Comment aider les âmes dans cette direction spirituelle qui, peut-être sans en avoir le nom, est donnée dans l’apostolat ? L’esprit d’initiative est stimulé, comme Jésus l’a fait avec les apôtres, en les formant un par un, en essayant qu’ils donnent tous le meilleur d’eux-mêmes. Nous saisissons leur situation, leurs impératifs familiaux ou professionnels, en les situant dans leur contexte. Nous partageons les projets et les défis de la société d’aujourd’hui, la mission de l’Église et de l’œuvre, dans un monde qui réclame, peut-être à son insu, le sel et la lumière.

Tout cela, assaisonné du sel de la charité. La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité est toujours prête à chercher le bien de tous, c’est pourquoi elle requiert un cœur grand, généreux, capable de surmonter les défauts personnels et ceux des autres, les coups de colère, la mauvaise humeur, les réponses mordantes… Elle est patiente, mais avec la force de l’esprit : elle sait attendre, sans humilier, elle supporte tout par amour. Elle ne médit pas ni ne se réjouit de la douleur ou des difficultés dont les autres peuvent souffrir, elle ne cherche pas à se mettre en valeur. Elle a toujours sous la main un mot aimable fait de compréhension et de sérénité.

 

 

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