Ce qu’il est nécessaire de lire sur la dévotion à Marie

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Mon cher lecteur, et mon frère en Marie, puisque la dévotion qui m’a porté à écrire et qui vous porte maintenant à lire ce livre, nous rend tous les deux heureux enfants de cette bonne Mère, si vous entendez dire que je pouvais m’épargner ce travail, vu qu’il existe déjà tant d’ouvrages savants et renommés sur le même sujet, on retrouve une déclaration chez les pères de l’abbé Francon : « La louange de Marie est une source tellement abondante, que plus on la dilate, plus elle se remplit, et, plus on la remplit, plus elle se dilate ».[1]

En d’autres termes, cette bienheureuse Vierge est si grande et si sublime que, plus on célèbre ses louanges, plus on trouve de nouveaux sujets de la louer. Et, selon la pensée de saint Augustin, quand même tous les membres des hommes se changeraient en autant de langues, ces langues, si nombreuses fussent-elles, ne sauraient la louer autant qu’elle le mérite.

J’ai vu, il est vrai, une quantité innombrable de livres, grands et petits, qui traitent des gloires de Marie ; mais, considérant qu’ils sont ou fort rares ou trop volumineux ou peu conformes à mon dessein, j’ai pris à tâche d’extraire de tous les auteurs que j’ai pu avoir en main, et d’exposer brièvement, comme on le verra dans cet ouvrage, ce qu’il y a de plus exquis et de plus substantiel dans les sentiments des Pères et des théologiens. Mon désir a été que les personnes pieuses puissent avoir à peu de frais un livre d’un usage facile et propre à leur inspirer un ardent amour envers Marie ; et les prêtres, des matériaux pour des prédications tendant à favoriser le progrès du culte de cette divine Mère.

On est naturellement porté à parler souvent et à faire l’éloge des personnes qu’on aime, afin de voir l’objet de ses affections estimé et loué aussi des autres ; il faut donc supposer bien faible l’amour de ceux qui, tout en se glorifiant d’aimer Marie, pensent peu à parler d’elle et à la faire aimer des autres. Bien différente est la conduite de ceux qui aiment véritablement cette très aimable Dame : ils voudraient publier ses louanges en tout lieu et la voir aimée de tout le monde ; aussi, chaque fois qu’ils le peuvent, soit en public, soit en particulier, ils tâchent de communiquer à tous les cœurs les heureuses flammes dont ils se sentent embrasés envers leur bienaimée Reine.

Pour se persuader du bien qu’on se fait à soi-même, et qu’on procure aux peuples, en propageant la dévotion envers Marie. Selon saint Bonaventure,[2] ceux qui s’emploient à publier les gloires de Marie sont assurés du paradis.

Ces paroles, la sainte Église les applique à Marie dans l’office de son Immaculée Conception. — Réjouis-toi donc, mon âme, s’écriait saint Bonaventure, qui a déployé tant de zèle à publier les grandeurs de Marie ; tressaille de joie en elle ; car des biens sans nombre sont réservés à ceux qui la glorifient. Et, puisque les saintes Écritures, ajoute un autre auteur, sont remplies des louanges de Marie, ne cessons pas de célébrer de cœur et de bouche cette divine Mère, afin qu’un jour elle nous conduise au royaume des Bienheureux.

La Sainte Vierge apparut un jour à sainte Brigitte, et lui dit : « Dites à ce prélat (Évêque Héming), qui a coutume de commencer ses sermons par mes louanges, que je veux lui servir de mère, que je présenterai son âme à Dieu, et qu’il fera une bonne mort ». [3] En effet, il mourut saintement, en priant, et dans une paix divine.

Pour ce qui concerne l’utilité que retire le peuple de la prédication des gloires de la divine Mère, saint Anselme affirme que, l’auguste sein de Marie étant la voie par laquelle le Fils de Dieu est venu ici-bas sauver les pécheurs, il ne peut se faire que la prédication des louanges de Marie n’amène les pécheurs à se convertir et à se sauver. Et s’il est vrai, comme je le pense, s’il est même indubitable, que toutes les grâces nous sont dispensées uniquement par les mains de Marie, et que tous ceux qui se sauvent ne sont sauvés que par l’entremise de cette divine Mère, on peut dire, par une conséquence nécessaire, que le salut de tous les hommes est attaché à la prédication des grandeurs de Marie, et de la confiance en son intercession. Et c’est par ce moyen, on le sait, que saint Bernardin de Sienne[4] sanctifia l’Italie, et que saint Dominique[5] convertit tant de provinces. Saint Louis Bertrand[6] ne prêchait jamais sans exhorter à la dévotion envers Marie ; et il en est même de beaucoup d’autres.

Et nous qui, dans nos actions, il ne nous faut jamais omettre la déclaration sur la Sainte Vierge, nous pouvons attester en toute vérité qu’aucun discours, n’excite autant la componction, et ne produit autant de fruits que sur la miséricorde de Marie. Je dis bien : « Sur la miséricorde de Marie » ; car nous louons son humilité, nous admirons sa virginité ; mais, parce que nous sommes de pauvres pécheurs, ce qui nous touche et nous attire davantage, c’est d’entendre parler de sa miséricorde ; et certes, c’est sa miséricorde que nous rappelons le plus souvent, et que nous invoquons le plus fréquemment.

Voilà pourquoi, dans cet ouvrage, je me suis attaché à parler principalement sur son chemin menant vers son titre de Co-Rédemptrice.

[1] Saint-Alphonse de Liguori, Vie et Institut, tome IV, Paris, librairie P. Lethieleux, rue Bonapart, 66. H. Costerman Tournai, 1864. P.498

[2] http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/alphonsedeliguori/gloiresMarie.htm

[3] http://www.touteslespropheties.net/sainte-brigitte-de-suede/

[4]https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernardin_de_Sienne

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_de_Guzmán

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Bertrand_(saint)

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