Exister est un fait, vivre est un art

0
604

Nous n’avons pas choisi de vivre, mais il nous faut apprendre à vivre comme on apprend à jouer du piano, à cuisiner, à sculpter le bois, etc. C’est le rôle de l’éducation. Pourtant, celle-ci se préoccupe de moins en moins de transmettre un savoir-être, au profit d’un savoir-faire. Elle vise davantage à nous permettre de faire face aux défis extérieurs de l’existence qu’aux défis intérieurs : comment être en paix avec soi-même et avec les autres ? Comment réagir face à la souffrance ? Comment nous connaître nous-mêmes et résoudre nos propres contradictions ? Comment acquérir une vraie liberté intérieure ? Comment aimer ? Comment finalement accéder à un bonheur vrai et durable, qui relève sans doute davantage de la qualité de relation à soi-même et aux autres que de la réussite sociale et de l’acquisition de biens matériels ?

S’il y a un thème qui a préoccupé les esprits et les cœurs des êtres humains à travers l’histoire, et qui continue à les préoccuper, c’est bien « L’Amour ». Les écrivains à différentes époques, en témoignent par de nombreux textes et ouvrages, les uns ont abordé ce sentiment par la comédie ou le roman et d’autres par la philosophie…

Toutefois, on constate que leur conception de l’amour est similaire, mais non identique, on le qualifie souvent de phénomène de conquête de l’autre, de possession de l’autre et de volonté de changer l’autre en un « Autre ».

De là part l’idée du journal Regards et Réflexions : dans une conception culturelle, instructive et sociétale. Si l’homme est différent de l’animal, l’homme est-il nécessairement identique à l’homme ? Notre appartenance au même genre, notre identité générique, garantirait notre caractère secondaire, contingent, relatif, de nos différences spécifiques. Elles neutraliseraient le caractère potentiellement dangereux de ces différences : l’esclave est-il encore un homme autrement qu’en un sens biologique si, comme le dit Aristote : « il ne peut se gouverner par sa raison et doit être gouverné par un maître ? ».

Nous pensons nos différences, nous ne sommes pas purement et simplement nos différences. Plus simplement encore, je me comprends dans mon identité comme

« professeur », « commerçant », « joueur de violon », etc., c’est-à-dire que je contracte certaines de mes différences pour en faire mon identité, alors que j’en laisse d’autres subsister dans l’indifférence.

S’il n’y a pas de pensée pure, d’entendement pur, de raison pure, mais si nous ne sommes que les idées, les mœurs, les règles de notre culture, n’y a-t-il pas que des différences sans aucune identité ? Le problème doit alors se déplacer de l’identité impossible vers l’égalité à réaliser entre les différences, de la question ontologique vers la question politique de la « gestion » des différences.

Entre l’universalité égalitaire, qui confine la différence au privé et tourne bien souvent à l’affirmation implicite d’une domination, et le communautarisme, qui juxtapose les identités et n’obtient souvent que la paix de l’indifférence, y a-t-il vraiment une politique des différences, mais surtout comment faire la différence ?

Le traitement politique de la différence ne s’arrête-t-il pas là où commence le singulier, ou la différence comme singularité ?

Aimer l’autre…

Aimer, c’est respecter et accepter ce que les autres désirent accomplir dans leur vie. L’amour, c’est apprendre à respecter et à accepter le désir ou l’opinion de l’autre même si tu n’es pas d’accord et même si tu ne comprends pas.

On analyse et l’on juge le comportement des autres, mais tout ça n’est que possession, c’est ça aimer avec sa tête. L’amour véritable est de donner ou de guider sans attentes. Tu vois aimer, c’est d’accepter les désirs des autres même si l’on ne comprend pas ou même si l’on n’est pas d’accord.

Aimer, c’est respecter l’espace de l’autre. À chaque fois que l’on tente de diriger une personne, de changer ou de contrôler ses actions, ses paroles et ses pensées, on entre dans son espace… Lorsque tu te trouves dans l’espace de l’autre, tu perds le tien et l’autre le sien, et donc chacun vit étouffé par l’autre.

Accepter, c’est constater que la chose est là. Tandis qu’être d’accord, c’est avoir la même opinion. Aimer vraiment, c’est être capable d’accepter même si l’accord n’y est pas. Mais l’orgueil nous empêche de voir de cette façon. Faire la différence entre le « être » et le « avoir », aimer veut dire de laisser les autres « être » comme ils veulent et non pas de leur donner tous les « avoirs » qu’ils désirent.

L’important est de t’aimer et d’aimer les autres, te respecter et respecter les autres. Ne laisse pas les autres te sentir coupable. Donc, si tu veux recevoir de l’amour, tu devras d’abord en semer avant de pouvoir en jouir.

Voilà pourquoi le journal Regards et Réflexions a été créé.

Ce qui ne nous tue pas, nous rend-il vraiment plus forts ?

Guy Parent

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here